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Ils ont dit

Il ne peut y avoir de liberté de la presse quand les journalistes vivent des conditions de corruption, de pauvreté ou de peur.
FIJ
La liberté existe toujours. Il suffit d'en payer le prix.
Henry Millon de Montherlant
L'homme est libre; mais il trouve sa loi dans sa liberté même.
Simone de Beauvoir
Un être ne se sent obligé que s'il est libre, et chaque obligation, prise à part, implique la liberté.
Bergson Henri
Toute société qui prétend assurer aux hommes la liberté, doit commencer par leur garantir l'existence.
Blum Léon
Si l'homme échoue à concilier la justice et la liberté, alors il échoue à tout.
Camus Albert
Le manteau de la liberté sert à couvrir nombre de petites chaînes.
Charles de Brosses
La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui [...]
droits de l'homme et du citoyen (Déclaration des), Article IV.
Mieux vaut se disputer à l'air libre, que d'être d'accord derrière des barreaux.
Krasicki Ignacy
Tant que l'État existe, pas de liberté; quand régnera la liberté, il n'y aura plus d'État.
Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine
Je sais mal ce qu'est la liberté, mais je sais bien ce qu'est la libération.
Malraux André
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Lundi 17 Mars 2008
Deux journalistes de la cité de l’Emir feront, ce matin, l’objet de présentation au parquet de Mascara pour avoir publié une information jugée erronée.
Il s’agit du journaliste du quotidien arabophone Manbar El Korraê (Tribune des lecteurs), Bouamama Benaoumeur, et du chef de bureau du quotidien El Khabar, Houari Mohamed. En effet, les deux journalistes en question ont été hier destinataires d’une convocation émanant de la police judiciaire de la sûreté de wilaya de Mascara. Le policier qui s’est rendu au siège de la maison de la presse pour remettre les convocations aux deux concernés n’a pas expliqué l’objet de cette convocation. D’après nos confrères, cette plainte fait suite à un article publié dans les deux quotidiens concernant un policier qui aurait été présenté devant le procureur de la République près le tribunal de Tighennif. Notre confrère d’El Khabar nous a affirmé qu’il a été convoqué par le procureur général lui demandant de publier un démenti. Malgré la publication du démenti dans les deux journaux, le procureur général a saisi la police pour l’ouverture d’une enquête et la poursuite des deux journalistes. A signaler que le journaliste d’El Khabar sera accompagné de son avocat tandis que celui de Manbar El Korraê paraissant à Oran sera, malheureusement, seul, et ce, faute de moyen de se payer un avocat.

A. Souag

Lundi 17 Mars 2008
Universitaires et intellectuels réagissent
Nous avons appris avec stupéfaction et consternation la condamnation en deuxième instance de Chawki Amari et Omar Belhouchet à deux mois de prison ferme pour dommages causés par un billet satirique au wali de Jijel paru en dernière page du quotidien El Watan. La répression mise en œuvre contre la liberté de la presse nous rappelle des temps révolus où la justice coloniale fonctionnait comme un instrument de répression des mouvements politiques nationalistes. Tout comme en ces temps funestes, l’élection est pervertie et vidée de son sens par les manipulations systématiques de l’administration centrale. La presse est muselée par des codes restrictifs et n’exprime qu’une partie de l’opinion. D’une manière générale, la majorité de la population est privée de ses droits à la citoyenneté ou se dispense de les exercer, connaissant à l’avance le sort qui leur est réservé. Elle reste soumise à un droit et une justice qui puisent leurs sources ailleurs que dans les principes démocratiques. De nos jours, la justice apparaît comme une arme venant s’ajouter à beaucoup d’autres mises entre les mains du pouvoir exécutif. Elle est utilisée de manière efficace seulement quand elle s’attaque aux droits fondamentaux des citoyens de s’exprimer et de s’organiser librement. Elle apparaît comme un instrument parmi d’autres, mis à la disposition du gouvernement avec pour vocation spécifique le démantèlement de toute forme d’organisation autonome ou toute sorte de contre-pouvoir. Ainsi, depuis des décennies, se développe une justice aux limites de la légalité ou carrément hors de la légalité. Aucun conflit ne surgit entre autorités militaires, judiciaires et politiques sur son fonctionnement. Malgré des logiques divergentes, tous s’accordent sur les nécessités de la répression. Cela crée les conditions du rejet de la fonction judiciaire de l’Etat d’autant plus que ses détenteurs, en étant les seuls bénéficiaires, auront grandement aidé à cultiver toutes sortes de ressentiments chez ceux qui en sont exclus. En se préoccupant d’abord d’en faire son instrument, le pouvoir exécutif a fini par couper la société du droit de l’Etat. C’est ce lourd héritage du droit et de la justice d’exception en territoire d’exception que va avoir à endosser l’Algérie de demain.
Signataires :

 Louisa Aït Hamou (universitaire), Daho Djerbal (universitaire), Ali Bensaad (universitaire), Mohamed Harbi (historien), Mohammed Hachemaoui (universitaire), Selma Hellal et Sofiane Hadjadj (éditeurs, Editions Barzakh), Yassine Temlali (journaliste), Ghania Mouffok (journaliste), Adlène Meddi (journaliste et auteur), Fayçal Métaoui (journaliste), Sid-Ahmed Semiane (journaliste), Abdellah Benadouda (éditeur), Kamel Daoud, (journaliste-chroniqueur), Mohamed Larbi Merhoum (architecte), Leïla Oubouzar (architecte), Ghanem Laribi (architecte- paysagiste), Kaouther Adimi (étudiante), Yasmine Kacha (étudiante), Sofia Djama, Hakim Guettaf, Achouak Bahloul, Ali Redouane Chetouh, Amel Aïssaoui, Sarah Kharfi, Abdelkrim Badjadja (consultant en archivistique, Abu Dhabi), Cherifa Bouatta (universitaire), Aïssa Kadri (universite de Tours, docteur de l’IME), Nagette Aïn-Séba, Azeddine Layachi (St John’s University of New York), Ourida & Yasmina Chouaki (USTHB d’Alger), Farid Cherbal (USTHB d’Alger), Nacer Djabi (université d’Alger, Bouzaréah), Hassan Remaoun (CRASC d’Oran), Nacéra Benseddik (archéologue), Farida Aït Hamou (maître de conférences, USTHB), Nedjari Ahmed (Professeur, USTHB d’Alger), Amarouche Nassima (biologiste), Malika Hachid (anthropologue), Mahmoud Belhimer (journaliste), Brahim Hadj Slimane (journaliste). Djillali Harfouche (journaliste), Fayçal Medjahed (journaliste), Khaoula Taleb Ibrahimi (universitaire).

publié par EL WATAN dans: EL WATAN
Lundi 17 Mars 2008
 L’insolence et le talent : une âme à double tranchant !
Quand la vérité ne saute aux yeux de personne, il ne reste que l’insolence pour dire les maux. Encore faut-il en avoir le talent ! Quand tout le monde, étrangement coalisé, a les yeux embués par une illusion de bien-être, qui ne tient que par les effets pervers de la tragédie irakienne et la boulimie chinoise, c’est que tout le monde a cessé de rêver. Encore faut-il vouloir être ! Quand on a déjà décidé pour nous, que demain ressemblera à hier, c’est que l’on veut nous mettre hors du temps… Dès lors, être insolent devient le dernier recours, parce qu’à force d’être « polie », la vérité ne blesse plus. Amari, tu es incontestablement insolent. Daltonien, grillant tous les feux rouges, tu as souvent le talent du chirurgien passionné, qui va débusquer la tumeur là où elle se terre. « Si tu parles, tu meurs… » Parle, Chawki. Ils t’ont sommé de te taire, nous te donnons le droit de parler. Alors l’incontournable dilemme : de quel côté est la légitimité ?
M. L. Merhoum. Architecte
 Les étudiants de l’université de Béjaïa solidaires
Les étudiants de l’université Abderrahmane Mira de Béjaïa tiennent à manifester leur soutien au directeur d’El Watan, Omar Belhouchet, et a son chroniqueur Chawki Amari. Une pétition exprimant leur solidarité avec les deux journalistes et dénonçant les poursuites et les menaces de détention qui pèsent sur eux a recueilli jusqu’ici plus de 800 signatures comme nous avons pu l’apprécier à la remise du document à notre bureau. « L’opération se poursuit encore, beaucoup d’enseignants adhèrent aussi à notre démarche, nous n’allons pas nous taire », nous dit, le ton ferme, un étudiant. Depuis la condamnation prononcée par le tribunal de Jijel, les messages de sympathie et de solidarité n’ont pas cessé de pleuvoir sur notre bureau à Béjaïa. Via des appels téléphoniques, des lettres faxées ou en se présentant directement à notre rédaction, les citoyens sont unanimes à dénoncer ces « nouvelles menées du pouvoir » contre la liberté d’expression.
B. B.
 On ne met pas aussi facilement des personnes en prison
En lisant le quotidien El Watan, j’ai été consterné d’apprendre cette décision brutale à l’encontre du directeur, M. Belhouchet, et du chroniqueur M. Amari. Même pour des cas de diffamation avérés avec preuves concrètes on ne met pas (dans un environnement de droit) aussi facilement des personnes en prison. Je tiens ici à vous exprimer tout mon support et ma solidarité à l’égard du grand quotidien El Watan, de sa direction et de ses journalistes face à ces persécutions. Mes salutations les meilleures et bon courage, je suis certain qu’il y a beaucoup de personnes en Algérie et à l’étranger qui vous soutiennent et que le grand quotidien El Watan continuera de grandir.
Mhd Banat, PhD./DSc./V.P. Tokyo/Japan
 Message de soutien d’un ex-député
C’est avec colère et sans grand étonnement que j’ai appris la condamnation des libertés individuelles et collectives et celles des directeur et chroniqueur d’El Watan par un pouvoir élu par bourrage des urnes et qui a toujours bloqué le processus démocratique.
El Merraoui Mahmoud, ex-député et membre fondateur du Front démocratique, non agréé.
 Un verdict injuste
Je ne sais plus quoi vous dire ou plutôt vous écrire après ce verdict injuste qui a été rendu à l’encontre de M. Amari et M. Belhouchet. C’est ainsi qu’on remercie chez nous les journalistes qui font correctement leur travail. On les ruine et on les jette en prison. Nos voleurs, violeurs et bourreaux sont dehors et nos libres penseurs, les lanternes de notre société, sont mis au trou. Je vous admire mes chers compatriotes pour votre courage et aussi pour votre talent. Chawki Amari a du talent à revendre. Ce serait dommage qu’à chaque fois qu’il prend son stylo pour écrire sa chronique il pense à la « diffamation ». J’espère que vous continuerez à nous éclairer pendant encore très longtemps. Merci !
Lila, une lectrice d’El Watan et de tout ce qui est écrit par Chawki Amari
 L’espoir d’une Algérie démocratique s’évanouit
Tout en m’élevant contre la condamnation de Chawki Amari et Omar Belhouchet à deux mois de prison ferme pour un billet par essence satirique, je rassure l’équipe d’El Watan de mon indéfectible soutien. La machine répressive mise en branle à l’encontre du dernier acquis d’octobre 1988, déjà fragilisé par l’asphyxie financière et le harcèlement quotidien des journalistes, n’est pas sans rappeler des pratiques que l’on croyait, pourtant, révolues. A tous les égards, quand la presse est agressée, c’est l’espoir d’une Algérie démocratique qui s’évanouit. C’est écrit : les plumes libres sont et seront l’ultime rempart à l’étouffement des libertés.
Mohammed Kebir, journaliste
 Le téléphone a sonné !
Je suis un lecteur assidu d’El Watan, notamment « Le point zéro » que j’ai le plaisir de déguster chaque matin en me rendant à mon lieu de travail, une habitude qui risque d’être perturbée pour un certain temps, puisque le téléphone a encore une fois sonné – une fois de trop ! – mais nous attendrons le temps qu’il faudra pour retrouver notre chroniqueur. Permettez-moi de citer en cette pénible épreuve un autre illustre manieur de la plume, Mouloud Feraoun, qui écrivait au début de l’année 1958 dans son Journal, suite à l’assassinat dont fut victime Abane Ramdane par ses « frères » de combat : « Pauvres montagnards, pauvres jeunes gens, pauvres étudiants, vos ennemis de demain seront pire que ceux d’hier ». Je laisse le soin à chacun d’en faire l’appréciation qui lui semblera juste, pour ma part, ma solidarité est totale et sans faille avec Chawki Amari et Omar Belhouchet.
Amokrane Med Kaci
 L’indépendance et l’objectivité sont sanctionnées
Le site www.souk-ahras.info, site d’information locale pour les expatriés, tient à exprimer sa solidarité àl’endroit de Chawki Amari et Omar Belhouchet, injustement condamnés pour délit d’opinion et déplore le harcèlement judiciaire que subit le quotidien El Watan, un journal qui, au cours de ses années d’activité, a prouvé son indépendance et son professionnalisme. D’une modeste aventure lors de sa création en 1990, El Watan, à force de travail, de rigueur et d’abnégation, a réussi à se hisser parmi les sources d’information les plus fiables et les plus objectives dans la région. Il est devenu une référence pour la lecture de la société algérienne et des enjeux qui la traversent. C’est précisément son indépendance et son souci d’objectivité, ceux-là mêmes qui sont aujourd’hui sanctionnés, qui en font un outil d’une valeur inestimable.
Site www.souk-ahras.info
 L’heure est à la mobilisation
Au-delà des sentiments d’injustice et de réprobation induits par la condamnation du directeur de publication d’El Watan, Omar Belhouchet, et de son chroniqueur, Chawki Amari, c’est en particulier les menaces qui planent sérieusement sur la société algérienne et les arrière-pensées que cache mal la sentence prononcée à l’encontre des deux journalistes qui suscitent plus d’inquiétude et font réagir l’opinion publique. La volonté ferme du pouvoir d’étouffer, par le chantage et la répression, les voix qui contredisent le discours officiel fait de diversion, de mensonges et de stérilité interpelle tous les citoyens épris de justice et toutes les forces vives conscientes du danger de la régression et l’extinction de l’espoir démocratique qui guettent l’Algérie.
Amar Amoura
 PEST, syndicaliste, journaliste Béjaïa
Pour la liberté de la presse en Algérie Considérant que la liberté d’expression en Algérie est de plus en plus menacée, souvent sous des prétextes fallacieux, je tiens, en tant qu’humble citoyen d’abord et en tant qu’auteur-journaliste indépendant, à exprimer ma sincère et totale solidarité avec tous les journalistes algériens qui subissent des pressions continuelles, inadmissibles dans un Etat qui se veut de droit aspirant à la démocratie, et salue leur courage et leur engagement auquel nous souscrivons dans l’union la plus large, pour défendre et promouvoir les espaces de liberté chèrement acquis.
Mohamed Ghriss. Auteur-journaliste indépendant
publié par EL WATAN dans: EL WATAN
Lundi 17 Mars 2008
Le subdivisionnaire de la conservation foncière des daïras de Sig et Mohammadia a été mis sous mandat de dépôt, mercredi dernier, par le procureur de la République près le tribunal de Mohammadia, à 43 km du chef-lieu de Mascara. Quatre autres fonctionnaires de ladite conservation ont été également mis sous contrôle judiciaire pour négligence de biens publics. La poursuite judiciaire des 5 fonctionnaires fait suite à la disparition, dans la nuit du 26 février dernier, d’une somme de 6 millions de centimes et de chèques bancaires appartenant à quatre notaires. Au cours de l’enquête, les policiers n’ont toutefois constaté aucune trace d’effraction.

A. Souag

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Des mots

Le silence, c'est la mort. Et toi, si tu parles, tu meurs, si tu te tais, tu meurs. Alors, parle et meurs.
Tahar Djaout
C'est dans les prisons que l'idée de liberté prend le plus de force et peut-être ceux qui enferment les autres dedans risquent-ils de s'enfermer dehors.
Jean Cocteau
Ceux qui sont pour la liberté et contre l’agitation sont des gens qui veulent avoir la pluie, mais pas le tonnerre.
Mark Twain
Ceux qui sont pour la liberté sans agitation sont des gens qui veulent la pluie sans orage.
Mark Twain
Il est aisé d'écraser, au nom de la liberté extérieure, la liberté intérieure de l'homme.
Rabindranàth Tagore
Notre vie est un livre qui s'écrit tout seul. Nous sommes des personnages de roman qui ne comprennent pas toujours bien ce que veut l'auteur.
Green Julien
Toutes les vérités sont bonnes à dire, mais c'est nous qui ne sommes pas tous bons pour les entendre.
Alfred Capus
Les mots que j'emploie, ce sont les mots de tous les jours, et ce ne sont point les mêmes !
Claudel Paul
Un traître est un homme politique qui quitte son parti pour s'inscrire a un autre. Par contre, un converti est un homme politique qui quitte son parti pour s'inscrire au votre.
Georges Clemenceau
Que l'on meurt gros ou maigre, la différence, c'est pour les porteurs.

Peter Ustinov

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